J'étais là-haut, perchée, calée, enveloppée dans une brume d'idées et de songes doux et mouvementés... Je percevais des nouvelles de cette planète si sale par l'intermédiaire de voix diaphanes, et j'étais bien, dans mon cocon, perdue dans le ciel loin de cet endroit un peu beau, parfois trop, à tel point que ceux qui l'habitent se sont acharnés à le détruire.
Et puis quelqu'un a décidé pour moi de me décrocher, de m'emmener malgrè moi faire un état des lieux, voir si le noir gagne vraiment sur le blanc, où s'il existe encore des Tara, perdus parmi les ombres, des havres de paix où se ressourcer.
Je me suis débattue dans cette vie que l'on m'a causée, que l'on a suscité pour moi, moi qui n'en voulait plus, moi qui avait décidé de ne jamais revenir dans cet endroit gâté par les hommes.
Où? Quand?
Il ne nous est pas donné de nous en souvenir.
C'était avant la guerre, je crois.
Et puis je ne voulais plus redescendre, jusqu'à ce que je sois à nouveau happée.
An 2005, me voilà à Paris, dans la peau pas super jolie, plutôt désaccordée, d'une jeune élève de sciences po, fraîche et... Un peu paumée. Et je découvre cette capitale, ces gens neufs et moins neufs, les idées aussi, car ce que l'homme a apporté à la Terre, c'est l'esprit et l'idée, c'est bien connu.
Et Paris recueille les idées en son sein, et les entretien comme le nuage de pollution qui la survole... Ce matin quelques mots m'ont fait entrapercevoir toute l'ironie d'un si bel endroit, qui a été magnifié tant de fois...
Parce que les sans défense sur leurs trottoirs
Grâce à leurs réverbères de chevet
Peuvent bouquiner pour s'endormir super"
Est-ce que ce n'est pas triste, d'en être arrivé là? Ces êtres humains me surprendront toujours...
Cit.: Bénabar, Saturne. Le site
Pict.: La moderne association
